Cérémonie des Césars BasketSession/REVERSE : le palmarès complet

Retour sur une soirée cousue de fil blanc (et or).

Cérémonie des Césars BasketSession/REVERSE : le palmarès complet

La cinquantième cérémonie des Césars s'est tenue vendredi en présence de tout ce que le cinéma français a pu produire de meilleur en 2025. Entre longueurs, lourdeurs et coups de génie de Franck Dubosc ou Alain Chabat, ce fut une soirée comme toujours mi-excitante mi-déprimante, surtout après avoir assisté quelques heures avant à la sidérante séquence de la Maison Blanche.

Heureusement, dans les sous-sols de l'Olympia, la rédaction de Reverse décernait ses propres récompenses suite au visionnage complet de "Court Of Gold" et "We Beat The Dream Team" parce que c'est tout ce qui nous a intéressés dernièrement, et parce qu'on fait bien ce qu'on veut. Alors certes, nous étions tous seuls avec des sandwichs triangle surimi - poulet au curry, mais finalement c'était pas plus mal et il n'y avait aucune musique pour couper les discours de remerciements.

Le palmarès complet des Césars Reverse 2025

Meilleur acteur dans un second rôle : La select team - We Beat The Dream Team

Récompense archi méritée pour cette Select Team composée de stars universitaires en 1992 pour servir de serpillière à la Dream Team avant les Jeux de Barcelone. Pour la première fois, les pros vont aller chercher l'or olympique, et les "college kids" ont quand même un peu les boules de s'être fait taper leur rêve. Impressionnés mais surmotivés, ils bottent les popotins des stars NBA sur une séance d'entraînement qui restera aussi mythique que nébuleuse. Si USA Basketball s'est demandé pendant quelques minutes s'il ne valait pas mieux liquider cette bande de petits merdeux et les envoyer dans une prison secrète en attendant une grâce présidentielle, finalement ils sont dit "laisse tomber Chuck, ils feront un docu dans 30 piges, les Français leur fileront des faux Césars et tout le monde aura oublié". Pas con.

Meilleure actrice dans un second rôle : Malika Andrews - Court Of Gold

Malika nous explique pourquoi les USA doivent gagner l'or, Malika nous explique que les Avengers sont forts, Malika prend la voix des Kardashian et Malika fait du Malika. Un poil surjoué et mille fois déjà vu, mais quand même efficace. Les Césars à l'américaine quoi.

Meilleurs costumes : Champion USA - We Beat The Dream Team

Vous pouvez nous vendre tous les équipements Jordan et Nike des derniers Jeux de Paris, ou les paires performances des stars US, ou les tenues de SGA, voire la chemise de Dillon Brooks, rien ne battra jamais les t-shirts/vestes/shorts/maillots de la Dream Team avec l'ancien logo USA Basketball. RIEN ! Même les chasubles sont beaucoup trop cool. C'est un César d'honneur qu'aurait mérité la marque Champion, voire un Prix Nobel.

Meilleure révélation : Dillon Brooks - Court Of Gold

Dillon est teubé, Dillon est méchant, Dillon est insupportable et Dillon est éliminé par la France, mais Dillon est diablement humain dans ce documentaire, et la séquence du resto en famille nous a montré un personnage souriant, sincère, ému et émouvant. Lui même reconnaît qu'il est parfois prisonnier de ce super-vilain qu'il a créé. Mais franchement, depuis cet épisode, dès qu'on mate les Rockets on ne le regarde plus comme avant (pendant 31 secondes, parce qu'après on a encore vite envie de le taper).

Meilleur scénario original : Netflix - Court Of Gold

"Eh les gars voilà le pitch : on va aller à Paris suivre quatre équipes. On prend USA, France, Serbie et Canada parce que faut pas déconner on va pas se cogner le Sud-Soudan et l'Allemagne. On va dire que les Français sont claqués au sol, mais y'a un de leur joueur qui va le dire tout haut et ça va les chauffer et ils vont taper le Canada, puis l'Allemagne, pour aller en finale (je sais c'est gros, mais plus c'est gros plus ça passe). Après, les Serbes de l'autre con de MVP avec leur coach de 114 ans, on les fait perdre contre les USA tranquillou. Et puis après on bat la France parce que faut gagner, hein les gars ? Qui on prend comme héros ? J'en sais rien moi on a qu'à prendre un mec qui est là pour la première fois. Curry ? Ouais, pas con. Et pour rigoler, on lui fait faire n'importe quoi en finale, genre quatre shoots d'affilée et un avec prise à deux pour tuer le match et caler son night night à la con. Comment ça c'est débile ? Rhooooo les gars oh !! On est Netflix ou merde ? On fait ce qu'on veut, c'est nous qu'on est les chefs et qu'on met la thune alors on fonce et foutez-moi des images de la Tour Eiffel, ma femme adore Emily In Paris. On va leur taper tous leurs Césars, c'est sûr !".

Meilleure adaptation : Coach K - We Beat The Dream Team

"Chuck Daly a balancé le match". En sortant cette phrase dans le documentaire "The Dream Team" de 2012, Mike Krzyzewski ne pensait sûrement pas qu'il se prendrait une bastos de la part de son ancien joueur à Duke, Grant Hill, pas du tout convaincu de cette fumeuse théorie et qui soutient que les universitaires ont battu à la régulière la Dream Team. Coach K tente de se justifier, mais c'est pas ouf, et nous on préfère écouter les joueurs qui reconnaissent en avoir pris (et mis) une belle.

Meilleurs décors : Paris - Court Of Gold

Comme demandé par John du marketing pour faire plaisir à sa femme, Netflix a fait de Paris l'un des personnages centraux de son documentaire, et livre environ 684 plans de la Tour Eiffel et de Montmartre. Sous leurs caméras, même l'INSEP devient sexy.

Meilleur Son : Les vestiaires - Court Of Gold

C'est ce qu'on attendait le plus : les inside des vestiaires. Et franchement, si on aurait pu en avoir plus, c'était plutôt pas mal. Nico Batum a poussé une belle gueulante comme on aime, et la peine des Canadiens était réelle. On a aussi bien kiffé la fin où les équipes médaillées se retrouvent dans un couloir où se mêlent le seum des vaincus et la joie des vainqueurs de l'or et du bronze. De quoi nourrir nos imaginaires, et les motivations des futures compétitions.

Meilleure photo : Bobby Hurley - We Beat The Dream Team

Une catégorie très concurrentielle : Team USA sur les marches de Bercy, Guerschon sur LeBron, Evan Fournier qui crie "y a quoi maintenant ???!!!"... Mais comment ne pas récompenser la photo argentique surexposée de Bobby Hurley qui pose avec Magic Johnson comme un gosse qui rencontre Pluto à Disneyland ? L'ancien meneur de Duke avoue qu'il est obligé de la montrer à ses jeunes joueurs pour qu'on le prenne au sérieux, même si certains doivent se dire que c'est du Photoshop de mauvaise qualité.

Meilleurs effets visuels : Michael Jordan - We Beat The Dream Team

Les images du match Select Team vs Dream Team restent totalement hallucinantes au regard de la somme des talents présents dans ce gymnase californien. Et une fois de plus on se rend compte de la vitesse d'exécution et de la puissance de MJ sur toutes les séquences de jeu en transition. Garanti sans IA, ni trucage.

Meilleur acteur : Kevin Durant - Court Of Gold

Il était le favori de sa catégorie, il n'a pas déçu. KD aime le basket, on le savait, mais à chaque fois cela reste fou de voir à quel point. KD ne pense qu'à ça, et chaque seconde passée sur un parquet lui colle les larmes aux yeux, et à nous aussi forcément. Si vous vous demandez ce que va bien pouvoir faire Kevin Durant quand il sera à la retraite, la réponse est : on n'en sait foutre rien, si ce n'est qu'il sera drôlement malheureux. Espérons que ce César bien mérité sera en bonne place dans son armoire à trophées et pourra lui remonter le moral.

Meilleur film : Court Of Gold

Même si le premier épisode est un copié/collé du documentaire sur la Redeem Team (mais bon, il faut bien expliquer le contexte à ceux qui n'y connaissent rien) et qu'on s'est biiiiiiien fait chier devant, le reste est quand même assez bien foutu et se replonger dans Paris 2024 reste un luxe qu'on ne pouvait pas refuser. Cela nous paraît tellement loin alors que ça fait à peine plus de 6 mois... Le plot twist de la fin avec Victor Wembanyama qui joue le rôle du vaincu se relevant en promettant l'enfer aux autres sur les années à venir nous laisse entrevoir une suite en 2028 qui nous excite déjà.