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6 novembre 2007 à 16:04 par General Manager
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Grant Hill L’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour le gentleman dunkeur.

Phoenix veut un titre. Cette année. C’est peut-être leur dernière chance avant que des piliers (comme Shawn Marion) quittent l’Arizona. Pour cela, les Suns ont engagé…Grant Hill. Un vétéran de 35 ans, accablé par les blessures et pas vraiment en phase avec le jeu run & gun caractéristique de sa nouvelle équipe ? Pour mieux comprendre ce recrutement, un retour en arrière s’impose.

FLASHBACK

Grant Hill a toujours été un type bien. Malgré cette enfance dorée, trop clinquante. Celle-là même qui aurait fait perdre la tête à pas mal d’autres gamins. Car, contrairement à la grande majorité des basketteurs NBA, il n’a vu le ghetto qu’à la télé posé sur le canapé. Il n’a pas eu à se battre pour survivre, mais seulement pour prouver qu’il n’était pas un sale gosse de riche (Papa était blindé de thunes après sa carrière NFL).

Grant Hill a toujours été un type bien. Et le meilleur partout. Dans son lycée de Virginie mais aussi à Duke, là où la rigueur est le mot clé. Il brille de mille feux sous les ordres de Coach K. Là encore sans se mettre en avant, il progresse, gagne des titres (2) et devient même le meilleur défenseur du pays (dès son année junior).

Grant Hill a toujours été un type bien. Malgré cette ascension fulgurante en NBA. Sa première année est la bonne, il finit rookie de l’année en 95 (avec Kidd) et se permet même le luxe d’être le premier rookie dans l’histoire de la ligue à remporter le plus de votes pour le all-star game ! Ses stats parlent d’elles-mêmes (environ 15 points, 7 rbds, 5 pds), sa polyvalence est sûrement ce qui ce fait de mieux dans la ligue (MJ en 95 était en « retraite »). Grant Hill prend son envol, la NBA a trouvé son nouvel étalon vedette: un joueur multidimensionnel, avec un état d’esprit irréprochable.

Mais Grant Hill n’a jamais voulu tout cela. Être sans cesse adulé. Il aspire déjà à remporter un titre au nom d’un collectif pour mériter cette reconnaissance. Hill signe à Orlando pour être champion. Mais le destin s’est alors joué de lui, comme pour se venger de cet homme à qui tout réussit. Hill enchaîne alors les problèmes physiques, au point de rater 65% des matches lors de ces six dernières années! Mais au moment où on le voyait prendre sa retraite, le téléphone a sonné.

ET MAINTENANT ?

Grant Hill a réalisé une saison complète l’année dernière (enfin 65 matches). Sans bien entendu rejouer à son niveau de 95-96, il est trop tard. Mais les Suns ont fait une affaire en or, peut-être le deal de l’intersaison ? Car en plus de ses 14 pts – 4 rbds (11 pts – 4 rbds depuis le début de l’année), de son expérience et de sa vision du jeu, Grant Hill apporte son envie, sa faim de titres. Il apporte ce calme, cette sérénité, ce sang froid qui manquait peut-être aux Suns quand Nash était en foul trouble ou le nez défoncé sur le banc.

Grant Hill est beaucoup moins fort qu’avant, mais psychologiquement il est un tout autre homme. Après en avoir bavé durant toute sa carrière, il n’est plus ce gamin infiniment doué et gentil, il possède désormais la rage intérieure, sa face cachée, qui se révèlera forcément au moment opportun. Et comme cette fois, les blessures et le mauvais semblent enfin derrière lui, Hill pourrait emmener les Suns très haut. Enfin tout ça s’il n’a pas refilé sa scoumoune à Amaré qui se plaint de nouveau du genou depuis quelques matches…

Depuis la reprise, il a été installé dans le 5 à la place de Boris et si ses stats ne paient pas de mine, il a réussi quelques bons passages. Demandez à JR Smith

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Et si l’on mate les fameuses stats +/- qui comparent le comportement d’une team quand un joueur est sur le parquet par rapport à la situation où il est sur le banc, on se rend compte que Grant est déjà le joueur majeur qui apporte le plus aux Suns. Ca ne fait que 3 matches, mais pendant les périodes où Grant est sur le terrain, Phoenix mène en général de 6 pts. Lorsqu’il repose sa cheville, sur le banc, les Suns prennent un sale – 18. (stats 82games.com)Grant Hill restera l’une des plus grandes énigmes de ce sport, puisque personne ne peut dire jusqu’où cette étoile aurait pu monter. Aujourd’hui, on n’attend plus de Grant Hill qu’il devienne meilleur que Jordan. Juste qu’il fasse gagner les Suns et nous termine sa frustrante carrière en beauté, avec une bague pour cadeau de retraite.

Photos : Ben Sandler



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