Jim Bilba : "Disponible si la fédé m’appelle"

5 décembre 2007 à 15:52 par Guillaume Laroche
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PROPOS RECUEILLIS PAR FLORENT BODIN / PHOTO : ALEX MARTIN

Il était l’invité d’honneur de la rencontre de gala entre Poitiers et Limoges, lors de la 9ème journée du championnat de Pro B samedi dernier. A la fin du match, Bilba, jeune retraité toujours affuté, accepte, décontracté, de répondre à nos questions sur le parquet. Chaussures de ville, manteau noir et sourire aux lèvres, il nous livre sa vision du basket français.

Basketsession : Jim, qu’est-ce que tu deviens ?

Jim Bilba : Je me suis un peu éloigné des parquets. J’ai coupé avec les activités physiques. Par contre je vais voir beaucoup de matchs. Je suis allé voir un match d’Euroligue, je vais voir un peu Cholet à domicile, là je suis à Poitiers, je vais aller voir Nantes. Je pense que je vais faire un peu le tour pour voir un peu le basket de l’extérieur. On n’a pas la même approche qu’en tant qu’acteur.

Basketsession : Quel regard portes-tu sur le basket actuel ?

Jim Bilba : Je n’ai pas vraiment le recul nécessaire. Depuis l’arrêt Bosman, on voit qu’il y a eu une évolution. Les quatre Américains en Pro A ça nous fait mal. Les places pour les Français sont très chères. Avant, on avait pas mal de premiers tours de draft qui venaient en France. Maintenant ce sont surtout des universitaires. En plus le niveau de la formation en NCAA a aussi baissé. Au final, les Américains qui arrivent ne sont pas souvent de qualité. On dit que le championnat s’appauvrit, c’est vrai, mais ce soir j’ai quand même eu une belle surprise avec ce match de Pro B. (ndlr : Poitiers-Limoges 96-81). Le public était chaleureux et il y avait de l’intensité sur le terrain… En plus l’équipe de Poitiers réussit avec une équipe à forte consonance française. J’espère qu’à l’avenir la Pro B sera une antichambre de la Pro A, pour aider les jeunes qui n’ont pas le niveau à s’aguerrir.

Basketsession : Le niveau en Pro B est excellent cette saison…

Jim Bilba : Oui,… (il hésite) par rapport à ce match là, c’est sûr. Techniquement et tactiquement c’était bien.

Basketsession : La retraite était nécessaire ? Tu profites ?…

Jim Bilba : J’avais vraiment l’impression d’avoir tout donné. Je suis allé au maximum de mes capacités physiques et mentales. Tout le monde me demande pourquoi je ne retourne pas sur le parquet, mais tu vois, je n’ai même pas envie. Peut-être que ça reviendra après, pour m’amuser avec mon fiston ou les copains. Mais pour le moment ça ne me manque pas du tout. J’ai plus le cœur à regarder et observer. Là, je suis en train de faire ma formation de manager sur deux ans, avec des séminaires de 3-4 jours. Ca me permet aussi de voir d’autres horizons, car il y a aussi des footballeurs, des handballeurs…

Basketsession : Ton futur se situe encore dans le sport ?

Jim Bilba : Oui, j’espère qu’après ça, je trouverais ma place. Au moins ça me laisse le temps de cogiter pour savoir si je veux plus m’orienter vers la partie technique ou vers la partie administrative.

Basketsession : Un petit mot sur l’équipe de France ?

Jim Bilba : C’est vrai que c’est un constat d’échec. Ca fait 3-4 ans qu’on a énormément de potentiel, mais cette fois-ci, la mayonnaise n’a pas pris, chez les filles comme chez les garçons. Maintenant l’important ce n’est pas de dire : c’est untel ou untel le responsable. L’important c’est de savoir rebondir et monter un autre projet pour dire : on a 2 ans pour se préparer et se qualifier pour les championnats d’Europe et voir encore plus loin, les championnats du monde et les J.O. Il faut donc monter un projet sur le long terme et repartir sur un nouveau cycle de joueurs, une nouvelle génération. Ce qui est amer pour moi, c’est de voir qu’il y a tellement de talents, de joueurs NBA…

Basketsession : L’équipe de France ne se cherche-t-elle pas des gagneurs ?

Jim Bilba : Je ne vais pas te dire que les mecs n’ont pas la culture de la victoire. Tu veux peut-être lancer un débat sur la responsabilité des joueurs en club ? Est-ce que les Français qui jouent à l’étranger ont suffisamment de temps de jeu en club ? Nous quand on jouait en équipe de France, on jouait minimum 35 minutes en club. Donc bien sûr ça amène une certaine confiance, une stabilité. Mais je pense qu’il y a plein d’autres choses, plein de détails. Moi je n’ai pas la réponse à tout. Je pense que c’est avant tout un problème d’alchimie dans le groupe, un problème de leadership sur et en dehors du parquet. Il y a des joueurs qui doivent plus s’affirmer, mais n’oublions pas que ce sont de jeunes joueurs. Il y a des étapes à franchir, et pour certains ça prend plus de temps que pour d’autres. C’est surtout dommage d’être sevré pendant deux ans de basket international. C’est rageant même, surtout par rapport au nombre de joueurs qu’on a à l’étranger et en NBA.

Basketsession : Serais-tu prêt à accepter une mission de la fédération ?

Jim Bilba : Oui bien sûr. En tant qu’ancien international, l’équipe de France me tient à cœur comme tous les anciens. On a envie de porter le drapeau le plus haut possible et faire avancer les choses. Moi je reste sensible à ça. Après on verra bien si moi ou quelqu’un d’autre pourra apporter quelque chose. On verra bien ce qui sortira des réflexions du mois de Janvier. Moi, j’ai juste envie de faire avancer le basket…



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