Nick Van Exel : Baller with attitude
Nick Van Exel personnifiait à lui seul une expression culte : « Basketball players have bigger balls ».
Nick Van Exel fait partie de ces joueurs difficiles à classer. Pour ceux qui ne l’ont jamais vu jouer, les stats en carrière de ce journeyman (14,4 pts à 40%, 35,7% à trois-points, 6,6 passes) sont correctes mais pas mirobolantes, elles rappellent celles de Damon Stoudemire. Pourtant, un monde les séparait. Il ne fut All-Star qu’une seule fois, mais pas sur un malentendu (Jamal ?). Pour ceux qui l’ont vu jouer, « The Quick » était un joueur unique. Une tête de con mais un talent pur (Latrell ?!?). Vous n’auriez pas aimé être son agent. Il trouva le moyen de dégringoler à la 37ème position de la draft 1993 (bravo Jerry), parce qu’il refusait d’effectuer des sprints lors des workouts individuels. Nick n’est pas un animal de cirque, c’est un joueur de basket ! Il fut donc directement estampillé mec à problèmes. Pourtant, dès sa seconde saison aux Lakers, c’est une moyenne de 17 points et 8,3 passes en saison régulière, 20 points et 7,3 assists en playoffs. Nick est ultra rapide avec le cuir (Tony). Sa maîtrise de balle est exceptionnelle. Mais surtout, il fait partie de cette classe très fermée de joueurs qui sortent du lot. Même le fan lambda savait que ce meneur avait un truc en plus. Certains appellent ça la confiance en soi, d’autres le talent, d’autres encore la folie. Sévèrement burné aurait dit Bernard. Nick aime les moments chauds (Big Shot Rob) et ça se voit.
Car ce que l’on retiendra de la carrière de Van Exel, ce ne sont pas les frasques, ce sont ces moments incroyables où il a pu tuer à lui seul des matches de playoffs. Sa saison et demie passée à Dallas entre 2001 et 2003, alors qu’il perd sa place de titulaire au profit de Steve Nash, fait de lui un Jason Terry avant l’heure. Son attitude est contagieuse et, en playoffs, il distille, il ventile. Jouant deuxième arrière ou meneur remplaçant de luxe à trente balais, il a l’expérience d’un vétéran et encore ses jambes, il s’est assagi et rien ni personne ne lui fait peur. En 2003, c’est 26 points dans la victoire lors du match 7 contre Portland au premier tour. Ensuite, 20 pts et 5 pds, 36 (à 73% !) et 6, puis 40 (54%), 7 et 7 lors des trois premiers matches du 2ème tour contre les Kings, avant de les finir avec 35 pts (65%) dans le match 6 et 23 dans le match 7. Pas mal pour un « second couteau ». Nick The Quick n’ira sans doute pas au Hall of Fame, mais, aux côtés de Ginobili, Archibald, Harden, Mullin, Fisher et Kukoc, il est entré dans le club historique des assassins gauchers imprévisibles, qui se sentaient à l’étroit même dans des caleçons XXL… Par Philippe Bocquet
Nick Van Exel
Meneur/1,85 m
Sélectionné en 37ème position de la draft 1993 par les Lakers
Teams : Lakers, Nuggets, Mavericks, Warriors, Blazers, Spurs
Stats en carrière : 14,4 pts, 2,9 rbds et 6,6 pds
Palmarès : sélectionné dans la 2ème meilleure team All-Rookie n 1994, All-Star en 1998