Joakim Noah, négligence coupable ?
Le lockout n’est pas le seul responsable du forfait de Noah, qui aurait pu être évité si la blessure avait été mieux gérée.
Joakim Noah a rendu officiel son forfait mercredi. Une très triste nouvelle, et bien rageante, d’autant plus qu’il apparaît clairement qu’elle était évitable. Ou du moins que tout n’a pas été mis en œuvre pour qu’elle soit évitée. Des informations révélées sur les ondes de RMC hier soir sur la gestion de l’après-blessure ont de quoi agacé les fans de basket français.
Après des nouvelles « rassurantes » sur la blessure (pas de fracture, « juste » une entorse), Jooks est parti en vacances. Et pendant une grosse dizaine de jours, plus personne n’a eu de nouvelles. A tel point que la Fédération a été dans l’intervalle alertée par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage que le joueur a déjà deux « no-shows », le 3ème entraînant une suspension automatique. En gros, grâce à un logiciel assez contraignant, les sportifs français sont censés tenir informés de tous leurs déplacements, afin qu’ils puissent être contrôlés à tout moment, de manière totalement inopinée. Un no-show intervient quand des contrôleurs mandatés viennent faire un contrôle à l’endroit où le sportif est censé être et que celui-ci ne s’y trouve pas.
A ce moment-là, la Fédé n’avait toujours aucune nouvelle du joueur et n’arrivait pas à le joindre pour l’avertir. La FFBB est donc passée par son père, qui lui a bien évidemment réussi à le joindre. Joakim est donc revenu de vacances et a réglé le problème de no-show. Mais à ce moment-là, l’état de la cheville n’a pas évolué puisque, toujours selon RMC, il n’a pas soigné sa cheville pendant ses vacances. Une négligence coûteuse…
Dans la foulée, il est rentré à Chicago, où les Bulls lui ont mis la pression pour qu’ils ne retournent pas en France. Noah part alors à Los Angeles où l’osthéo de l’équipe de France Fabrice Gauthier a son cabinet. C’était il y a trois semaines et l’optimisme revenait côté EdF, comme le confiait hier Vincent Collet mais… à nouveau plus de nouvelles et aucune réponse aux coups de fils du staff, ni des joueurs, pendant quelques jours. Surtout l’équipe de France lui propose de suivre une procédure avec la collaboration du staff médical français :
« Joakim m’avait appelé le 23 juin pour me signifier son forfait », a expliqué en conf’ de presse Patrick Beesley, le directeur sportif de l’équipe de France. « Lors de cet appel, j’ai refusé car il me semblait qu’il fallait donner du temps, qu’il y avait pas d’urgence et qu’il fallait essayer de mettre en place la procédure que nous lui proposions depuis plusieurs semaines avec la collaboration de notre staff médical et qu’il fallait poursuivre le travail qu’il avait initié à Los Angeles avec Fabrice Gauthier. Nous avions des contacts avec Joakim et nous activions des pistes avec ses proches pour essayer de le convaincre d’appliquer notre procédure de réhabilitation. »
En vain donc. Sans entrer dans des formules faciles comme un cadre de la Fédé qui déclare à RMC qu’ « il est forfait mais il continue d’aller en boîte de nuit » (après tout, on peut très bien aller en boîte de nuit, sans prendre de risque pour une cheville), Joakim Noah a clairement été négligeant en ne traitant pas sa blessure et en ne donnant aucune nouvelle. L’élimination tôt en playoffs a également pris la Fédé de court et peut-être ne l’a-t-elle pas encadré suffisamment rapidement, comme l’expliquait Jacques Monclar à l’antenne hier, alors que c’est clairement un joueur qui a besoin d’être géré.
Mais, outre la négligence du joueur, son employeur a bien évidemment une responsabilité.
« On lui a proposé à plusieurs reprises de venir se soigner à l’INSEP et de s’occuper de lui à 100% », témoigne De Vincenzi. « Mais les Bulls ont insisté pour qu’il reste à Chicago. »
Jacques Monclar est, lui, plus virulent :
« Ils l’ont laissé partir en vacances blessé. Au bout d’un mois, ils lui ont demandé de ne pas aller se soigner en France. C’est se foutre de la gueule du monde. Il y avait le temps de le remette sur pied. »
Bref, le lockout n’est pas le seul responsable de ce forfait, qui aurait pu être évité si la blessure avait été mieux gérée. Car là, c’est un tout un groupe, tout un sport et des millions de fans qui plaçaient beaucoup d’espoirs dans ces JO qui restent d’être pénalisés. Car si un podium n’avait rien de certain, c’était quand même l’objectif de toute une génération et, avec un Jooks dans la peinture, on se donnait quand même plus de chances de l’atteindre…