GUIDE : pour tout savoir sur le Salary Cap et ses exceptions
Voici ce que les équipes peuvent faire pour signer des joueurs tout en respectant les règles du CBA
Le Salary-Cap est un monde bien à lui et la découverte de ses exceptions équivaut à une mission spéléologique où il fait bon ne pas rester coincé dans une des arcanes concoctées par des cerveaux retors…
En cette période de signature de free-agents, il est donc bon de revenir sur les points essentiels de ce salary-cap.
Le Salary-Cap et la Taxe de Luxe
Tout d’abord, la NBA possède un salary-cap qui est qualifié de « soft » cap, c’est à dire que ce plafond peut être dépassé au moyen de diverses exceptions, sur lesquelles nous allons revenir. Le Salary-Cap a été fixé cette année à 58 millions de dollars, comme la saison dernière. Il dérive d’un calcul du BRI (Basketball Related Income), devenu célèbre malgré lui lors des négociations sur le nouveau CBA ayant traîné en longueur à l’automne dernier.
Au-dessus de ce cap se trouve un nouveau palier, fixé à 70 millions de dollars, que l’on appelle « Taxe de Luxe ». Les équipes ayant une masse salariale dépassant les 70 millions de dollars (puisque, comme expliqué, il est possible de dépasser le montant du salary-cap) doivent payer une taxe à la NBA, sur la base de « Un dollar au-dessus = un dollar d’amende ».
Dans le futur, ce montant deviendra bien supérieur puisque pour un dollar au-dessus, les teams pourront avoir à verser jusqu’à 4,75 dollars a la Ligue en amende (ce chiffre de 4,75 dollars sera effectif pour les dépassements de plus de 20 millions de dollars dès 2014).
Entre ces deux paliers, les teams sont donc au purgatoire du Salary-Cap: incapables de signer des Free-Agents venant d’autres équipes mais ne payant aucune amende à la Ligue.
La période de signature des Free-Agents (qui commence vraiment aujourd’hui) est donc celle où la maitrise des fondamentaux est la plus importante pour les Front-offices de chaque team. Les GM doivent savoir combien ils peuvent dépenser, quels joueurs ils peuvent viser et quels sont ceux qui sont hors de leur portée.
Dans le calcul de l’argent disponible pour une team, le GM doit prendre en compte ses joueurs sous contrat, mais aussi le montant des cap-holds dus à ses Free-Agents, qu’ils soient Unrestricted Free-Agents (UFA: libre de signer où il veut; exemple actuel: Grant Hill) ou Restricted Free-Agents (RFA: pouvant signer une offer sheet de la part d’une autre team mais devant rester dans sa team actuelle si cette dernière décide de lui proposer le même contrat; exemple actuel: Nicolas Batum). En effet, la fin d’un contrat ne signifie pas pour autant que le salaire du joueur disparaisse complètement. Un Free-Agent appartient pécuniairement à une équipe tant qu’il n’a pas signé de contrat dans une autre team (ou qu’il ait envoyé ses papiers de retraite à la Ligue) et se voit donc attribuée une somme, appelée cap hold, dans la masse salariale de son ancienne team.
Le montant du cap-hold dépend en grande partie du statut du joueur, de son ancienneté dans la Ligue et du montant de son précédent contrat. Tout ceci permet théoriquement de ne pas avoir une team ayant tous ses contrats finissant la même inter-saison et se retrouvant donc avec 0 dollar de salaire. Elle pourrait alors en profiter pour signer les free-agents qu’elle voudrait, et pour le montant qu’elle désirerait, pour ensuite pouvoir resigner ses propres free-agents, sur lesquels elle conserverait des droits, appelés « Droits Bird » en tant qu’ancienne équipe. Le principe de cap-hold interdit donc ce comportement.
Les Droits Bird
Une team détient donc sur un joueur ce qui est appelé des « Droits Bird », lui permettant de resigner ce joueur sans tenir compte du Salary Cap. Voici donc la première exception permettant de dépasser ce fameux palier de 58 millions de dollars. Les joueurs aux Droits Bird sont des joueurs ayant passe 3 ans dans la même équipe (2 ans pour ce que l’on appelle les « Early Bird ») sans avoir changé d’equipe en tant que Free-Agent. Les joueurs changeant d’équipe par un Sign-and-Trade ne perdent ainsi pas leurs Droits Bird et un médiateur a déterminé que Jeremy Lin et Steve Novak n’avaient non plus perdu leurs Droits « Early Bird » en étant récupéré par les Knicks par le système de Waivers (sorte de marché des joueurs coupés par leurs teams), ce qui a créé une belle jurisprudence pour le futur.

Les teams NBA peuvent donc signer des joueurs free-agents venant d’autres teams jusqu’à ce que leur Salary-Cap soit plein (en comptant les cap-hold) puis signer leurs propres free-agents ensuite en dépassant le Salary-Cap. C’est la stratégie que comptait appliquer Portland avec Nicolas Batum. Néanmoins, elle comporte un revers plutôt important puisque ses propres free-agents (et surtout leur nouveau salaire) comptent pour le calcul du salary-cap à la minute où ils signent leur nouveau contrat. C’est le problème auquel va devoir faire face Portland car ils n’auront que trois jours pour signer des free-agents avant de proposer son nouveau contrat à Batum, sans quoi le salaire du Français occuperait une bonne place dans leur salary-cap. Tout ça n’est bien sur qu’hypothétique puisque Portland n’est pas encore sûr de « matcher » l’Offer Sheet » que les Wolves vont surement faire signer à Batum dans les prochaines heures.
En plus de ces Droits Bird, la NBA a aussi créé dans son CBA plusieurs « exceptions » permettant à toutes les équipes, quelques soient leurs niveaux de masse salariale, de pouvoir se renforcer pendant l’intersaison.