Draft : Bradley Beal VS Jeremy Lamb
Comparer Bradley Beal & Jeremy Lamb, c’est comprendre comment un joueur moins « productif » en NCAA peut être drafté beaucoup plus haut.
Lamb (UConn) & Beal (Florida) sortent tous deux de programmes au roster assez similaires : 2 compagnons sur les postes 1 et 2 qui sont des scoreurs nés et qui ont du mal à faire tourner la gonfle (Boatright & Napier pour Lamb, Boynton & Walker pour Beal), des intérieurs puissants et athlétiques capables de faire exploser l’équipe adverse mais qui ne tirent pas toujours partie de leur énorme avantage physique (Drummond à UConn, Patric Young à Florida, dont vous entendrez parler à la draft 2013).
Les deux équipes ont connu des fortunes diverses puisque la saison de UConn a été assez catastrophique et s’est terminée par une élimination assez honteuse face à Iowa State de Royce White au second tour du March Madness, alors que Florida a été éliminé pendant l’Elite Eight de manière honorable face à la belle équipe de Louisville de Rick Pitino. Il faut dire que UConn était dans une situation sportive & administrative cauchemardesque cette année et que tout n’est certainement pas imputable à Jeremy Lamb.
Le joueur de UConn valait cette année 17.7 points (48% de réussite, 34% à 3-points, 81% sur la ligne), 4.9 rebonds, 1.7 passe et 1.2 interception. Le Gator valait quand à lui 14.6 points (45% de réussite, 34% à 3-points, 77% sur la ligne), 6.5 rebonds, 2.2 passes, et 1.4 interception. Des statistiques sensiblement moins bonnes donc au sein de programmes similaires. Comment expliquer alors que Beal soit prévu entre les picks #2 et #4 quand Lamb est prévu entre les picks #8 et #13 ?
Les franchises NBA aiment les joueurs grands et athlétiques, est-ce que cela pourrait être la différence ? Et bien non, même pas, Jeremy Lamb possède là encore l’avantage, étant un peu plus grand et ayant une envergure de 8 centimètres supérieure.
Est-ce que cela pourrait être la défense en 1 contre 1 qui n’est pas facile à voir au travers de stats ? Et bien là encore non. Jeremy Lamb est un superbe défenseur en 1×1, dans le moule d’un Nicolas Batum grâce à son envergure démesurée.
Il semble bien que Lamb gagne à tous les niveaux dans notre comparaison face à Bradley Beal ! Non, bien sûr, Beal a quelques atouts supplémentaires qui font la différence entre un pick du top 5 et un « simple pick » de la loterie :
1/ Il ne faut pas oublier que Beal est très jeune et viens tout juste d’avoir 19 ans. Lamb n’a que 20 ans, la différence n’est pas énorme, mais cela joue tout de même.
2/ Si le shooting de Beal n’était pas au rendez-vous chez les Gators, la forme de son shoot est tellement parfaite qu’on le compare aisément à Ray Allen. Beaucoup de scouts considèrent que sa faible réussite à 3-points cette année est un accident de parcours et qu’il vaut beaucoup mieux que cela. Pendant la March Madness, il était d’ailleurs bien meilleur à ce niveau : 12/26 sur les 5 derniers matchs, soit 46% à 3 points.
3/ La vrai différence est le caractère. Beal est un joueur d’équipe, très humble, très travailleur, capable de s’intégrer dans à peu près n’importe quel effectif. Lamb de son côté n’a pas l’air très intéressé par le basket, paraît indolent, un peu mou parfois sur le terrain, et dès que quelque chose le contrarie (comme un bon défenseur), son attitude laisse franchement à désirer.
C’est bien là une différence fondamentale. Les joueurs sont scrutés à tous les niveaux, et le mental est quelque chose qui compte énormément pour des équipes qui vont investir des millions sur des jeunes joueurs.
Bradley Beal – 1m95 (envergure 2,03m) – 92kg – Arrière – Florida Gators (Freshman)
+ attitude sur le terrain et en dehors, rebond pour le poste, forme du shoot, capacité à jouer sans le ballon, jeu d’équipe & QI basket, efficace en transition
- taille un peu limite pour le poste en NBA, parfois absent en défense, potentiel limité par ses capacités physiques moyennes, manque d’un poil de puissance et/ou de taille pour finir dans la raquette
Jeremy Lamb – 1m96 (envergure 2,11m) – 82kg – Arrière – UConn Huskies
+ capacité à scorer de toutes les positions (shoots, floaters), bon dribbleur, capacité à se créer son propre shoot, défense 1 contre 1 sur 3 positions
- attitude sur le terrain et en dehors, manque de puissance évident pour pouvoir finir « at the rim » en NBA, du coup… beaucoup de shoots en step-away à mi-distance (pas de shoot très « rentables »), pas toujours très concentré sur le jeu, jeu de passe médiocre