All-Star History : 1962
Ce n’est évidemment pas un hasard si la NBA avait profité d’un All-Star Game (celui de Cleveland en l’occurrence, en 1997) pour rendre hommage aux 50 meilleurs joueurs de son histoire. Évidemment, il aurait été dommage de ne pas profiter du côté festif de l’événement, mais la raison la plus logique est ailleurs : le seul…

Ce n’est évidemment pas un hasard si la NBA avait profité d’un All-Star Game (celui de Cleveland en l’occurrence, en 1997) pour rendre hommage aux 50 meilleurs joueurs de son histoire. Évidemment, il aurait été dommage de ne pas profiter du côté festif de l’événement, mais la raison la plus logique est ailleurs : le seul point commun entre les cinquante joueurs de cette prestigieuse liste est qu’ils ont tous participé à plusieurs All-Star Games. Tous n’ont pas gagné le titre, tous n’ont pas même joué la finale (Pete Maravich, par exemple, n’a jamais passé le deuxième tour des playoffs), mais tous se sont illustrés dans l’événement le plus attendu du milieu de saison. Alors quoi de mieux, à une semaine du match des étoiles, que d’entamer une traversée des joueurs et des époques à travers quatre All-Star Games ? De 1962 à 1991, en passant par 1975 et 1984, de Wilt Chamberlain à Michael Jordan en passant par Kareem Abdul-Jabbar et Larry Bird, de St Louis (qui n’a plus d’équipe) à Charlotte (qui en a changé) en passant par Phoenix (qui l’accueille pour la troisième fois) et Denver, bienvenue dans la machine à remonter le temps de BasketSession.

Le Kiel Auditorium de St Louis
16 janvier 1962. Bienvenue à St Louis. La ville hôte profite du All-Star Game et des perfs de son chouchou Bob Pettit pour se consoler de la mauvaise saison des Hawks qui flirtent avec le fond de la Western Division après un titre en 1958 et plusieurs finales perdues contre Boston. Comme chaque année depuis 1951, le match de gala de la NBA rassemble les meilleurs joueurs de basket de la ligue. Wilt Chamberlain et Bill Russell se retrouvent pour la troisième fois sous le maillot de l’Est, Oscar Robertson et Jerry West propulsent l’Ouest pour la deuxième année consécutive après leur victoire 153-131 en 1961. Ces quatre-là sont des monstres sacrés : l’homme de tous les records et celui aux onze titres, docteur triple-double et mister logo. Ils ne sont évidemment pas seuls. A l’Est, Bob Cousy et Dolph Schayes sont les seuls rescapés du ASG originel et sont accompagnés de légendes comme Hal Greer, Paul Arizin et Sam Jones. En face, Elgin Baylor et Bob Pettit complètent la liste de onze joueurs honorés en 1997. 11 des 50 légendes de l’histoire sont là. Rien que ça.
Le match en lui-même, on s’en moque un peu. Pour tuer tout suspense dès maintenant, l’Ouest survole la deuxième mi-temps pour s’envoler vers une facile victoire 150-130. Un score qui fait bugger le panneau d’affichage, qui n’accepte pas les centaines ! Ce qui importe, surtout, c’est la chance rare de voir jouer ces joueurs mythiques dont on a déjà du mal à voir des highlights. La première chose qui frappe, ce n’est pas le poing de Ron Artest (bon, ok, facile et mesquine celle-là !), c’est l’agilité des big men. Russell, Chamberlain et Walt Bellamy sont des phénomènes athlétiques : grands, déliés, incroyablement mobiles.

Russell cherche à servir Chamberlain
Pour la petite anecdote, Bellamy, futur Rookie Of The Year à plus de 31 points et 19 rebonds de moyenne, détient depuis 1969 le record du plus grand nombre de matches joués sur une saison régulière. Echangé en cours de saison pour une équipe qui avait joué 6 matches de moins, il avait joué 88 matches de saison régulière !
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le jeu appartient déjà aux extérieurs. Ni Wilt ni le grand Bill ne pèsent vraiment en attaque lors de la première mi-temps. Entre ceux, comme Cousy, qui tirent encore les pieds dans le ciment (le fameux « set shot »), et la nouvelle génération, incarnée par Jerry West, capable de prendre des tirs difficiles en sortie de dribble, on assiste clairement à une évolution importante du jeu. West est une merveille de basketteur, incroyablement adroit et à l’aise balle en main. Oscar Robertson termine bizarrement son shoot à une seule main mais ça ne l’empêche pas de scorer à volonté. Dans un tout autre style, on réalise pourquoi Elgin Baylor a été une source d’inspiration pour les futurs planeurs comme Julius Erving, tant l’ailier des Lakers détonne par sa propension à attendre d’être en l’air pour chercher un angle d’attaque.

Bob Pettit, MVP à 25 pts et 27 rbds!
La deuxième mi-temps est totalement dominée par l’Ouest, malgré les 42 points (à 17/23!) et 24 rebonds de Chamberlain qui enchaîne les dunks et s’offre un petit fade-away de temps à autre. Mais le grand Wilt est trop seul, puisque à part le new yorkais Richie Guerin, auteur de 23 points, la traction arrière de l’Est passe au travers. Chez les vainqueurs du jour, la marque est bien mieux équilibrée. Robertson, West et Baylor font le jeu et en font profiter Bellamy et surtout Pettit, extrêmement adroit à mi-distance et MVP du match dans sa salle avec 25 points et 27 rebonds (!!). L’Ouest s’impose largement pour la deuxième année de suite… mais ne pourra empêcher Boston de gagner le 4e de ses huit titres consécutifs quelques semaines plus tard!
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